« L’art ne rajoute rien, il se dépouille jusqu’à l’évidence. »
Les Statues Zen de Lou Ma Ho s’imposent comme des présences simples et profondes. Leur forme minimaliste – un corps allongé surmonté d’une tête ronde – évoque immédiatement la silhouette humaine tout en la transcendant. Dépouillées de détails, elles ne disent rien, mais suggèrent tout : la méditation, le silence, la permanence au cœur de l’éphémère. Elles ne cherchent pas à représenter, mais à être. Elles ne s’imposent pas, elles se posent.
Chaque matière choisie (pierre, bois, métal, verre) révèle une vibration différente, une manière singulière de réfléchir la lumière et de résonner avec l’espace qui les accueille. Ces statues ne sont pas de simples objets esthétiques : elles sont un souffle qui invite le visiteur à ralentir, à s’arrêter, à contempler.
Leur originalité tient dans cette radicalité : réduire la figure à l’essentiel, jusqu’à atteindre un seuil universel, intemporel. Entre présence humaine et totem, elles deviennent un miroir intérieur pour celui qui les regarde.

Lou Ma Ho
Lou Ma Ho, de son vrai nom Marc-Olivier Louveau, est scénariste, réalisateur, écrivain et enseignant en dramaturgie. Auteur de nombreux ouvrages de référence dans le domaine de l’écriture, il est également l’auteur de contes philosophiques et de romans historiques.
Au cinéma, son œuvre explore les zones de rencontre entre histoire, philosophie et spiritualité. Ses films, salués dans de nombreux festivals et diffusés dans de nombreux pays, tissent un dialogue constant entre rigueur dramatique, sensibilité poétique et quête spirituelle.
Au-delà du cinéma et de la littérature, Lou Ma Ho poursuit une recherche esthétique et philosophique qui l’a naturellement conduit vers la sculpture et l’art plastique.
Sur l’herbe tranquille,
Une tête ronde se dresse
entre ciel et terre.
L’origine des Statues Zen remonte à une statue apparue dans son film L’Éveil du Moine (2005). Ce conte philosophique donnait à voir pour la première fois l’une de ces formes minérales, sobres, silencieuse, dans un espace dépouillé.
Cette première apparition n’était pas un décor, mais déjà un signe : la matérialisation visuelle de la pensée zen qui traverse toute l’œuvre de Lou Ma Ho. Le film posait les bases d’une recherche qui allait quitter l’écran pour entrer dans la matière, et devenir un langage sculptural.
Depuis, Lou Ma Ho a multiplié les variations de ces statues, explorant matières, tailles et contextes. Chaque nouvelle version n’est pas une simple reproduction, mais un prolongement de la même intuition : sculpter le silence, donner une forme à l’instant, faire émerger une figure universelle, fragile et puissante.
Ces statues sont ainsi nées d’une rencontre entre cinéma, philosophie et sculpture. Elles sont le prolongement naturel d’un parcours d’artiste qui, depuis toujours, cherche à donner corps à l’invisible.